28 novembre 2005

Comme une image, film de Agnès Jaoui, avec Jean-Pierre Bacri, Marie-Lou Berri (2003)

CRITIQUE

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Rares sont les films dont on pourrait révéler la fin, sans en dévoiler pour autant la teneur et les messages.

Ce long-métrage, récompensé de toutes parts (Palme du meilleur scénario à Cannes en 2003) peut plaire par sa fraîcheur, décevoir ceux qui en attendraient de l’action ou de la vulgarité mais surtout déstabiliser , au sens noble du terme, les spectateurs trop naïfs.

Comme de coutume chez Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, tout commence par une présentation rapide des différents acteurs de l’histoire, qui vont, au fil des événements entrer en interaction pour mieux découvrir les failles de chacun et mieux se déchirer. Histoire d’un jour, d’une année, d’une vie, en somme…

Tout cela dans une succession de scènes et dialogues à la fois comiques, comme la confrontation d’un Jean-Pierre Bacri merveilleusement bougon, avec un chauffeur de taxi « très » parisien. Des scènes de couple tout aussi attendrissantes que désespérantes. Une relation père fille (Bacri/Berry) conflictuelle à souhait. Et surtout une évolution des personnages presque gênante pour le spectateur, qui adoptant dès le départ une posture de juge manichéen, se rend compte, en une heure trente de la complexité de la nature humaine, par l’intermédiaire de six acteurs qui en paraissent mille.

Le film terminé, on tente de déceler les raisons de sa réussite : est-ce le scénario « cousu main », au service d’acteurs totalement imprégnés de leur rôle? Seraient-ce la technique et l‘esthétique, qui créent un dynamisme d’une intensité particulière. Mais ce serait oublier la musique omniprésente, puisque Marie Lou Berry, qui interprète une jeune fille mal dans sa peau, ignorée par un père absent et superficiel (Bacri), voit dans l’opéra une échappatoire. Agnès Jaoui, excelle quant à elle dans son rôle de professeur froide mais attentive, qui semble découvrir la véracité de la nature humaine au fil de ses rencontres.

Tous ces ingrédients fondamentaux, qui font qu’un film est au final bon ou mauvais, créent une harmonie telle, qu’on en oublierait presque la trame, se laissant entraîner par le rythme des rencontres, des scènes de vie rendues si vraies et donc si cruelles. Bon cinéma !

Posté par xavierbossaert à 01:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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